118 712 portable : que faire en cas de prélèvement ou de litige ?

Le 118 712 est un service d’annuaire téléphonique qui permet de rechercher les coordonnées de particuliers et de professionnels. Lorsqu’un prélèvement 118 712 apparaît sur un relevé bancaire sans explication claire, ou qu’un numéro de portable y figure sans consentement, la situation relève à la fois du droit de la consommation et de la protection des données personnelles.

Prélèvement 118 712 sur un relevé bancaire : identifier l’origine

Un prélèvement libellé « 118 712 » correspond généralement à un appel vers ce numéro de renseignements téléphoniques. Ces appels sont facturés à la durée, et le montant peut surprendre si l’appel a duré plusieurs minutes ou si l’appelant n’avait pas conscience du tarif.

Le premier réflexe consiste à vérifier l’historique d’appels du téléphone concerné. Sur un mobile, le journal des appels sortants conserve la trace des numéros composés avec la date et la durée. Si personne dans le foyer ne reconnaît cet appel, deux hypothèses se posent : un appel accidentel ou une utilisation par un tiers.

Pour contester le prélèvement, il faut d’abord contacter l’opérateur téléphonique (Orange, SFR, Bouygues, Free) qui a facturé la communication. L’opérateur est l’intermédiaire entre l’abonné et le service d’annuaire. La contestation passe par l’opérateur, pas par le 118 712 directement.

Homme en bureau consultant un relevé bancaire avec un prélèvement non reconnu lié au 118712

Numéro de portable publié sur 118 712 sans accord : le cadre RGPD

Les numéros de mobile en 06 et 07 ne figurent dans l’annuaire universel que si l’abonné a explicitement demandé leur publication. En pratique, la grande majorité des portables n’y apparaissent pas.

Si un numéro de portable est visible sur le 118 712 alors qu’aucune demande de publication n’a été formulée, cela constitue un manquement aux règles de protection des données personnelles. Deux situations expliquent ce cas de figure :

  • L’opérateur a transmis le numéro à l’annuaire universel par erreur, souvent lors d’un changement de forfait ou d’une migration de ligne.
  • L’abonné a coché une case de consentement sans le savoir, lors de la souscription initiale ou d’une modification de contrat en ligne.
  • Les paramètres de liste rouge ou d’opposition à la publication n’ont pas été correctement répercutés dans la base de données de l’annuaire.

Dans tous les cas, l’abonné dispose d’un droit à l’effacement (article 17 du RGPD) qu’il peut exercer directement auprès de l’éditeur du 118 712.

Demande de suppression des données sur le 118 712 : la procédure concrète

La démarche de retrait suit un ordre précis. Brûler les étapes ralentit le traitement au lieu de l’accélérer.

La première action est de contacter l’éditeur du 118 712 par écrit, en précisant l’URL exacte de la fiche concernée, le numéro de téléphone à supprimer, et en invoquant le droit à l’effacement prévu par le RGPD. Un courriel avec accusé de réception ou un formulaire en ligne daté suffit comme preuve.

Après l’envoi, un délai de deux à quatre semaines est raisonnable pour constater la suppression effective. Pendant cette période, conserver la copie de la demande et toute réponse reçue.

En parallèle, contacter l’opérateur téléphonique pour vérifier les paramètres de publication. Demander explicitement le passage en liste rouge ou liste anti-annuaire empêche toute transmission future du numéro vers les bases d’annuaires.

Que faire si la suppression n’est pas effective

Si le 118 712 ne répond pas ou refuse la suppression dans un délai raisonnable, la saisine de la CNIL devient l’étape suivante. Le formulaire de plainte en ligne de la CNIL permet de signaler un refus de suppression de données personnelles. Il faut joindre la preuve de la demande initiale et la copie de la réponse (ou l’absence de réponse).

La CNIL peut alors enjoindre l’éditeur de procéder à l’effacement et, en cas de manquement répété, prononcer une sanction.

Homme en litige téléphonant à son opérateur en tenant un document pour contester un prélèvement 118712

Bloquer un prélèvement récurrent lié au 118 712

Certains abonnés découvrent des prélèvements répétés liés à des services de renseignements. Si le prélèvement provient directement de la facture de l’opérateur, la solution passe par le blocage des appels vers les numéros surtaxés depuis l’espace client.

La plupart des opérateurs proposent une option gratuite pour interdire les appels vers les numéros en 118, les numéros en 08 surtaxés et les SMS premium. Cette activation se fait en ligne ou par appel au service client.

  • Chez Orange et Sosh : rubrique « Gérer mes options » puis « Restrictions d’appels » dans l’espace client.
  • Chez Free : activation du blocage des numéros surtaxés dans les paramètres de la ligne mobile.
  • Chez SFR et Bouygues : option similaire accessible depuis l’application ou le site web, généralement sous « Mes services » ou « Options de ligne ».

Si le prélèvement est un débit bancaire distinct (pas via la facture opérateur), faire opposition auprès de la banque et demander le remboursement en invoquant l’absence de mandat de prélèvement SEPA signé.

Signaler une arnaque téléphonique liée au 118 712

Des escroqueries utilisent le nom du 118 712 pour inciter à rappeler un numéro surtaxé. Un SMS ou un appel en absence prétend qu’un colis attend ou qu’une vérification de données est nécessaire, avec un numéro à rappeler qui n’est pas le vrai 118 712.

Le signalement de ces pratiques se fait sur la plateforme 33700, dédiée aux spams vocaux et SMS. Il suffit de transférer le SMS frauduleux au 33700 ou de signaler le numéro en ligne. Ce signalement alimente la base utilisée par les opérateurs pour bloquer les numéros frauduleux à grande échelle.

La confusion entre un service d’annuaire légitime et une tentative d’arnaque reste fréquente. Le 118 712 ne contacte jamais les particuliers par SMS pour demander un rappel ou des informations bancaires. Toute sollicitation de ce type est frauduleuse, quel que soit le numéro affiché.

Un prélèvement non reconnu lié au 118 712 se résout dans la majorité des cas par un simple appel à l’opérateur téléphonique. Pour la suppression de données personnelles, la combinaison demande écrite à l’éditeur puis recours CNIL reste le parcours le plus efficace. Activer le blocage des numéros surtaxés sur sa ligne évite que la situation ne se reproduise.

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