La fin des leggings Après l’épisode au niveau d’une taille, nous procédons à un pantalon, qui cette fois approchera le point des morts. Qu’est-ce que « comme » veut dire ? C’est l’image globale que le tissu acquiert lorsqu’il est porté : sa forme, son amplitude, ses plis et sa longueur.
À gauche, la réalité banale, à droite, l’objectif à viser : un tombé net, une silhouette affirmée.
Les déchus : surtout une question de longueur
Pour éviter un faux pas, il faut commencer par laisser vivre le pantalon, mais pas s’affaisser. Le tissu doit simplement frôler la chaussure, sans s’y accumuler en paquets disgracieux. Une longueur excessive, et c’est la silhouette qui trinque.

Quand le tissu s’empile au bas, la jambe perd sa ligne naturelle. Cela se voit moins aujourd’hui qu’il y a dix ans. L’effet inverse s’est installé : les pantalons courts qui découvrent la cheville, y compris chez les hommes. Ce n’est pas plus mal que le pantalon qui traîne, mais ni l’un ni l’autre ne flatte vraiment la silhouette.



Les pantalons à bretelles modifient naturellement la hauteur. Pour ceux qui cherchent une précision extrême, l’accessoire se révèle indispensable.
Coupes de pantalons

- La coupe ample et structurante : la jambe respire, la forme du pantalon impose sa structure à la silhouette. C’est l’héritage classique, celui du tailleur.
- La coupe ajustée, voire moulante : le tissu épouse le corps, la jambe dessine elle-même la silhouette. On parle aujourd’hui de slim ou de coupe près du corps.

Le slim, lui, met en avant les fesses, les cuisses, les mollets, et parfois les défauts. Le pantalon large n’a pas toujours dominé : les premiers dandys, avant la révolution, portaient des pantalons ajustés. Les standards actuels (plis, pinces, ampleurs) sont des inventions du XXe siècle. Rejeter la coupe serrée sous prétexte de tradition serait donc un raccourci historique. Mais le vrai problème, c’est l’uniformisation : aujourd’hui, le slim est la règle, même là où il ne convient pas. On voit alors :
- Des pantalons trop ajustés pour le tissu ou le modèle
- La tentation de coller à la mode du rétréci, même quand la morphologie ou le style l’excluent



Les pantalons, à cause de la complexité des articulations du bas du corps, ont toujours posé problème. La solution radicale, choisie jadis par l’armée : séparer la jambe avec des culottes et bottes/sangles souples. Les pantalons du XIXe siècle étaient jugés inconfortables, tout comme certains modèles industriels d’aujourd’hui. Le pantalon classique, ample et bien coupé, a résolu ce casse-tête grâce à sa générosité.
La coupe classique du pantalon
Le pantalon classique, plissé ou non, reste la pièce maîtresse du style sartorial. Il se distingue par ses plis marqués, à l’avant et à l’arrière, qui offrent à la fois aisance et élégance.


Sur ces pantalons pas de pinces mais un pli très prononcé. Ainsi, à la hauteur de la coupe, le pli avant doit être marqué droit et continu, sans jamais s’estomper sur la cuisse, le pli arrière doit commencer en ligne droite de la fesse à la cheville, et toutes les poches et les accolades doivent être fermées debout.


En hiver, tentez le mix : un blouson aviateur, un col roulé glissé dans un pantalon en flanelle taille haute. Source : Milad Abedi.
Quand le pantalon moule les fesses ou les cuisses, les plis et pinces s’ouvrent même quand on est debout : le rendu visuel et le confort y perdent. On retrouve aujourd’hui des pantalons plissés, mais coupés trop étroits : le pli central s’étiole sur la cuisse, les poches et bretelles s’ouvrent sans répit. Certains apprécient, mais visuellement, l’effet frise vite la caricature, façon remake maladroit des années 80.

Un manque de tissu au niveau des fesses engendre souvent ce souci : la ligne doit courir sans rupture de la fesse à la cheville. Les coupes très ajustées pincent la cuisse et la fesse, au point de casser la ligne naturelle.

Quand le pantalon tire trop sur les fesses, les poches s’ouvrent (voir à gauche), créant un effet disgracieux. Malgré l’influence du slim, les pantalons sartoriaux cherchent encore souvent à épouser la forme, sans tomber dans l’excès du moulant. Mais la ligne vue de profil n’est plus celle d’autrefois.
La règle classique ? Le pantalon descend droit depuis la partie la plus large des fesses. Le pli reste fermé à l’arrière, créant ce qu’on appelle le « drapeau ». Aujourd’hui, beaucoup de pantalons cherchent à coller au corps autant que possible. Source : Zane Lim.
La coupe des autres pantalons




Voici ce que l’on remarque avec les pantalons plat, coupés près du corps :
- Entretien facile
- Référence au style décontracté, symbole d’émancipation vestimentaire
- Production économique, rapide à réaliser
On trouve aujourd’hui difficilement un dressing sans quelques pantalons ajustés. Même les chinos se rapprochent du vestiaire sartorial.
Ici, les chinos sont suffisamment adaptés. Source : Bernard Zins.

Le « fold appeal » : cette technique consiste à repasser et plier le pantalon pour qu’il paraisse net en boutique, mais cela accentue l’effet moulant sur les hanches.
Pour les coupes serrées, le pantalon doit suivre la cuisse sans la contraindre, pour conserver une ligne fluide et éviter toute tension excessive. Un haut de jambe trop étroit associé à des fesses lâches donne un résultat déséquilibré.


Le jean, lui, grâce à son tissu épais, peut être ajusté tout en gardant une certaine uniformité. Exemple ici : @david_park07.
Un pantalon plat sans plis mais avec des poches peut aussi s’ouvrir s’il est trop serré. Un bon conseil : choisir des chinos avec des poches droites type « pull » au lieu de poches obliques. Cela limite l’ouverture sous tension.

Sur un pantalon classique, ces poches peuvent ajouter une touche subtile (cf. Ambrosi/L’Armurerie).
Lorsque les cuisses sont imposantes ou la posture particulière (jambes arquées, par exemple), le pantalon s’adapte mal et la jambe perd sa ligne. Dans ces cas, une coupe large s’impose.

Évitez de porter une veste structurée avec un chino ou un jean très ajusté : l’écart entre la carrure et le bas du corps devient brutal, la silhouette perd sa cohérence. Un pantalon large rééquilibre l’ensemble. Source : Giovanni Antonio.
Ouverture de cheville



Quand le pantalon est trop serré au genou, le bas forme un « éperon » : il ne couvre plus la chaussure, mais plaque la cheville. Difficile alors de porter des chaussures longues, le pantalon n’assure plus son rôle d’équilibre.
trouve
Il n’existe pas de règle universelle pour la coupe d’un pantalon, même armé de toutes ces astuces. Le vrai défi consiste à choisir une coupe adaptée à sa morphologie (taille, gabarit, cuisses, fessiers, posture…) et à garder une cohérence dans la tenue. Par exemple, une veste structurée s’associera mieux à un pantalon ample à pinces françaises. Pour les pantalons plus ajustés, les pinces italiennes s’intègrent mieux, et pour les coupes encore plus proches du corps, mieux vaut éviter les pinces pour qu’elles ne s’ouvrent pas. Les pantalons décontractés autorisent plus de fantaisie, tant sur la matière que sur la coupe : un jean ou un chino peut se porter court, avec revers, ajusté ou ample, tant que le reste de la tenue suit (comme une veste simple, plus courte si le pantalon est haut). Le choix de la matière influence aussi la coupe : un tissu épais supporte bien l’ampleur, le tombé, alors que les matières fines préfèrent les coupes ajustées et courtes. Les mocassins, eux, se marient sans problème avec un pantalon raccourci, tous deux évoquant la décontraction estivale. Si vous comptez garder votre pantalon longtemps, mieux vaut miser sur les coupes classiques que sur des extrêmes qui vieillissent mal.
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